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Burkina/Suspension temporaire de l’importation du riz : Une décision saluée par l’UNERIZ

La suspension temporaire des importations de riz décidée par le gouvernement burkinabè le 29 avril 2026, continue de susciter des réactions favorables au sein des acteurs de la filière. Pour l’Union nationale des étuveuses de riz du Burkina (UNERIZ), cette mesure devrait faciliter l’écoulement des stocks de riz local, soutenir les unités de transformation et encourager davantage la consommation du riz burkinabè. Dans cet entretien accordé à Ouest Info, Alimatou Ouédraogo, secrétaire permanente de l’UNERIZ, salue une décision qu’elle juge bénéfique pour les producteurs et les transformatrices. Lisez plutôt !

Ouest Info : Quelle est votre réaction à la décision du gouvernement de suspendre l’importation du riz au Burkina Faso ?

Alimatou Ouédraogo : Je tiens d’abord à préciser qu’il s’agit d’une suspension temporaire visant à permettre aux acteurs de la filière riz d’écouler les stocks invendus. Effectivement, cette mesure permettra aux producteurs de vendre leurs récoltes et aux transformateurs d’écouler leurs produits, notamment le riz étuvé et le riz blanc. Nous apprécions cette décision à sa juste valeur et nous félicitons le gouvernement burkinabè pour cette initiative.

Ouest Info : En quoi cette mesure peut-elle impacter les activités des étuveuses de riz au sein de l’UNERIZ ?

Alimatou Ouédraogo :  Il faut dire que c’est le marché qui stimule la transformation. Si nous sommes certaines de pouvoir vendre nos produits, nous pouvons transformer sans inquiétude. Dans le cas contraire, il n’est pas évident de contracter un crédit pour acheter la matière première nécessaire à la transformation.

Du riz local stocké dans les magasins de l’UNERIZ

Grâce à cette suspension temporaire des importations, si les Burkinabè s’intéressent davantage à la production locale, ce sera une opportunité pour nous d’accroître notre capacité de production. Cela contribuera à augmenter les revenus des transformatrices et à améliorer leurs conditions de vie.

Ouest Info : Pensez-vous que la production locale de riz est suffisante pour répondre à la demande nationale ?

Alimatou Ouédraogo : Actuellement, la production locale de riz est insuffisante pour couvrir la demande nationale. C’est d’ailleurs pourquoi la note du gouvernement précise qu’il s’agit d’une suspension temporaire. Après l’écoulement des stocks invendus, les importations pourraient reprendre. Pour le moment, cette mesure vise à répondre à un besoin spécifique.

Ouest Info : Quels sont les principaux défis que rencontrent les étuveuses pour valoriser le riz local sur le marché ?

Alimatou Ouédraogo : Les principaux défis concernent surtout la comparaison des prix entre le riz burkinabè et le riz importé. Pourtant, sur le plan qualitatif, les deux produits ne sont pas comparables. Le riz burkinabè est un produit frais et de saison, tandis que le riz importé est souvent stocké pendant plusieurs années. Notre défi consiste à rendre nos produits plus accessibles en les proposant à des prix abordables pour les consommateurs.

Nous travaillons également à améliorer davantage la qualité du riz local. Aujourd’hui, nous disposons d’équipements performants qui permettent de mettre sur le marché un riz propre, sans impuretés comme les cailloux ou les graines noires.

Ouest Info : Quelles actions l’UNERIZ compte-t-elle entreprendre pour accompagner cette dynamique de promotion du consommer local ?

L’UNERIZ entend rendre disponible le riz pour accompagner la politique du consommer local

Alimatou Ouédraogo : Les actions que nous allons entreprendre consistent d’abord à rendre le riz local disponible auprès des consommateurs. Ensuite, nous allons renforcer notre circuit de distribution afin de disposer de distributeurs agréés dans toutes les localités du Burkina Faso. Les produits sont déjà disponibles dans nos unités de transformation ; nous travaillons désormais à mieux organiser et assainir le circuit de distribution.

Ouest Info : Quel message souhaitez-vous adresser aux consommateurs burkinabè dans ce contexte de promotion du riz local ?

Alimatou Ouédraogo : Notre message aux consommateurs est de faire confiance au riz burkinabè. Grâce à l’offensive agropastorale, les unités de transformation ont bénéficié d’équipements performants permettant d’éliminer les impuretés du riz. Les consommateurs ne doivent donc plus s’inquiéter de la qualité du riz produit au Burkina Faso.

Nous devons consommer ce que nous produisons, parce qu’il s’agit de produits frais et nutritifs, bénéfiques pour la santé. Des études comparatives montrent que la consommation du riz burkinabè contribue à préserver notre santé. Avec cette décision du gouvernement et les réformes engagées pour améliorer le secteur agricole, le patriotisme économique des Burkinabè va davantage se renforcer.

Interview réalisée par Ackim Traoré/Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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