« On ne développe pas mais on se développe », disait le célèbre historien, Joseph Ki-Zerbo. Dans la commune rurale de Kangala, province du Kénédougou, région des Hauts-Bassins, les populations ont épousé cette manièrede concevoir le développement. En effet, au regard de l’état de dégradation de la route Kangala-Mahon, les populations n’ont pas voulu attendre les pouvoirs publics. Elles se sont mobilisées le samedi 16 octobre 2021, en vue de remettre en état, cette route, longue de 8km et qui se trouve être la principale. Toute chose qui selon elles, leur permettra d’écouler leurs productions agricoles envers la capitale économique, Bobo-Dioulasso.
Kangala est une commune rurale située à environ 45km de la ville de Orodara, chef-lieu de la province du Kénédougou.
La principale activité des populations étant l’agriculture, Kangala fait partie des zones qui approvisionnent la capitale économique, Bobo-Dioulasso, en patates douces, ignames, mangues, oranges et surtout en anacardes.
Parcourir Kangala-Mahon, longue de 8 km, pour rallier la RN 11(Bobo-Orodara) relève d’un parcours du combattant et ce, au regard de l’état défectueux de la route.
Pour faciliter donc l’écoulement de leurs productions agricoles de la saisonqui s’achève, les populations ont pris la ferme résolution de finir avec leur galère quotidienne liée à l’état de la route très dégradée.
A l’initiative donc de l’association « Yira yeeré » qui signifie « lève-toi, bats-toi » en langue sénoufo, les populations se sont mobilisées pour trouver une alternative à la situation en attendant des solutions définitives.
Pour le bon déroulement des activités, chaque quartier a constitué une équipe où un responsable est désigné pour la coordination et la supervision des travaux. Ainsi sur le terrain, jeunes, vieux et femmes travaillent en synergie.
Des camions benz, tricycles et charrettes sont ainsi mobilisés pour l’activité. Et c’est le troisième samedi consécutif que ces populations se retrouvent pour travailler.

Et comme pour donner l’exemple, le maire de la commune et ses collaborateurs étaient présents sur le chantier pour non seulement mettre la main à la pâte mais aussi encourager les populations.
Du reste, le maire est-il conscient de l’état impraticable de la route en question. « S’il est vrai qu’en 2018 cette voie a connu une réhabilitation de la part de l’Etat, force est de reconnaitre que de nos jours, elle demeure quasi-impraticable » a laissé entendre Guéguima Traoré, maire de la commune qui salue au passage cette initiative de la population « qui n’est pas la première ».
« Quand on lave ton dos, lave ta face toi-même, dit-on. Comme quoi, on ne peut pas tout attendre de l’Etat. Et c’est ce que les populations de notre commune ont compris. C’est pourquoi chaque samedi, la route Kangala-Mahon est inondée des populations des sept quartiers que compte Kangala pour des travaux d’intérêts communs » a signifié le maire.
En plus de se mobiliser pour participer aux travaux, les populations mettent aussi la main à la poche afin de pouvoir contribuer à faire face aux dépenses liées à l’exécution des travaux comme achat de carburant et d’eau pour les travailleurs.
Boureima Konaté/stagiaire (Ouest-info.net)




