Dans la matinée du lundi 28 septembre 2022, un malade mental échappe à un lynchage sur le boulevard de la révolution à quelques encablures du stade Sangoulé Lamizana. Il doit cette chance à deux écolières qui étaient de passage quand l’infortuné était roué de coups par des jeunes motivés par un homme au physique imposant.
En effet, un jeune visiblement bien portant, de passage se saisit d’une pierre et brise la vitre d’un véhicule 4×4 Prado stationné sur le trottoir. Il n’en fallait pas plus pour s’attirer la colère du propriétaire du véhicule. Ce dernier mobilise des jeunes qui, sans savoir grand-chose, ont accepté suivre ses injonctions.
Ils se jettent sur le jeune fautif et le terrasse. Au moment où certains s’attèlent à le ligoter, d’autres se chargent de le bastonner pendant que le propriétaire du véhicule donne des coups de pieds dans le visage de l’infortuné immobilisé au sol. Non content, le propriétaire du véhicule commande un bout de bois pour la bastonnade du jeune homme. C’est en ce moment que deux écolières de retour de l’école arrivent sur les lieux. Elles semblent reconnaître le jeune en question qui apparemment, ne jouirait pas de toutes ses facultés mentales. Elles poussent alors des cris d’interpellations aux bastonneurs. « C’est un fou, ne le frappez pas », ont-elles lancé.
Leur intervention retient l’attention de tous. Le propriétaire du véhicule fait approcher les jeunes filles pour mieux se renseigner sur le jeune. Il se rend compte qu’il a affaire à un fou.
Un badaud s’interpose alors pour arrêter la bastonnade. Mais le propriétaire du véhicule ne lâche pas prise. Ligoté, le malade mental reste assis au sol sous le regard attentif du propriétaire du véhicule et la bande qu’il a mobilisé. L’homme (le propriétaire du véhicule) exige que les parents du jeune fautif se présentent sur les lieux pendant qu’il continue de lui administrer des gifles magistrales.
A chaque gifle s’accompagne la question suivante à l’égard du jeune ligoté: « sais-tu combien coûte ce véhicule? Sais-tu combien coûte la vitre que tu as brisée? ».

Malgré l’interposition de certains badauds pour raisonner le propriétaire du véhicule sur la situation de malade de celui qui reçoit ses gifles, il continue de malmener le jeune homme.
Sur insistance des écolières qui étaient en larmes, l’homme joint au téléphone les parents du jeune qui lui ont conseillé d’aller résoudre le problème au commissariat avec leur fils.
Au même moment, un élément de l’armée de passage s’arrête pour voir ce qui se passe. Il tente d’interroger l’infortuné et l’incohérence de ses propos confirme son état de malade mental.
L’homme en tenue échange un bref moment avec le propriétaire du véhicule avant de continuer sa route. Après cet échange, le propriétaire du véhicule a ordonné aux bastonneurs de libérer le jeune qui était toujours ligoté. « Merci hein et excusez-moi surtout pour ce petit tort que je vous ai causé. Comprenez-moi, c’est sous l’effet de la colère que j’ai agi. Depuis quelques jours on me fait tourner avec mes dossiers. Et c’est ça qui m’a mis sur les nerfs. Excusez-moi hein. Maintenant je peux continuer dans mes plans? », Questionne-t-il ceux qui le bastonnaient dans un français courant avant de continuer sa route la bouche et le nez saignant.
Il échappe ainsi au lynchage grâce aux deux écolières. Comme quoi, il est important pour les familles de mieux veiller sur leurs enfants mentalement non bien portant pour éviter de les exposer à la vindicte populaire.
AT/Ouest Info




