A Bobo-Dioulasso, une unité semi-industrielle a trouvé une solution écologique aux sachets plastiques. Située dans le quartier Bobo 2010, cette unité dénommée Cherifa fait dans le recyclage de déchets plastiques usés. Ainsi, l’unité donne une seconde vie utile aux déchets plastiques usés qui sont des pollueurs dangereux de l’environnement. Avec Cherifa, c’est une chaine de valeurs qui se construit entre création d’emplois, protection de l’environnement et promotion du « consommons local ». A la découverte de Cherifa, cette unité amie de l’environnement qui a su transformer un problème écologique en opportunité de développement local durable.
Cherifa. Cette appellation sonne comme un prénom sous nos cieux. Mais plus qu’un prénom, elle symbolise une chaine de valeur naissante. Cherifa est en effet, une unité de transformation des déchets plastiques en seaux, lave-linge, bassines.

Elle broie et conditionne aussi les déchets plastiques solides qu’elle exporte vers des pays étrangers pour transformation. Elle se positionne comme une solution écologique aux problèmes de pollution de l’environnement par les déchets plastiques.
Sachets plastiques d’eau minérale recyclés, bidons et chaises plastiques usés broyés pour exportation
Sachets plastiques, bidons et chaises plastiques usés constituent de la matière première pour Cherifa. Dans une dynamique de recyclage, l’unité collecte ces déchets auprès de pré-collecteurs moyennant un revenu. Une fois collectés, les opérateurs de l’unité procèdent au tri des objets plastiques et les assemble par nature et par couleurs.
Les sachets sont ensuite passés dans des presseurs tandis que les déchets plastiques solides passent par les broyeurs. C’est le début de la transformation et de la valorisation de chaque type de déchets plastiques par Cherifa.
Après leur passage dans les presseurs, les sachets plastiques d’eau minérale sont exposés pour séchage avant d’être engagé dans un long processus. Au bout du circuit, des seaux, des lave-linges et des bassines ‘’made in Burkina’’ prennent forme et se vendent bien aussi bien sur le marché local que sur des marchés de la sous-région ouest africaine.

A côté de cette ingénierie locale, les déchets plastiques sont broyés et conditionnés. A défaut de machines adaptées à la transformation de ces déchets solides, ils sont exportés vers des pays voisins pour servir de matières premières à des unités spécialisées.
Cherifa, c’est douze ans d’expérience au service de l’environnement et de l’économie nationale
Cherifa est engagé dans le travail de recyclage des déchets plastiques depuis 2014. C’est au moins douze (12) ans d’expérience dans la protection dans l’environnement, dans la création d’emplois, dans la valorisation des compétences et de la production locale de biens. Ce sont douze (12) années de parcours du combattant, douze (12) années de résilience, douze (12) années de persévérance. C’est ce que résume Siaka Ouattara, premier responsable de l’unité en ces termes : « dès les débuts de nos activités, certains nous prenaient pour des fous mais nous avons pu persévérer ».

Pour Siaka Ouattara, Cherifa est une unité qui incarne la logique de « rien ne se crée, rien ne se perd, tout se transforme ». Il estime que le recyclage des sachets plastiques est une solution écologique qui aspire à léguer un environnement sain aux futures générations. Cherifa, c’est aussi, l’incarnation du « consommons local » à travers les divers produits ‘’made in Burkina’’ obtenus à partir des sachets plastiques usés.
Sur le plan de la protection de l’environnement, Siaka Ouattara souligne qu’en plus de le débarrasser des sachets plastiques usés, Cherifa développe des initiatives de reboisement à Bobo-Dioulasso. « Notre unité de recyclage des sachets plastiques fait face à d’énormes défis notamment le manque de machines. Ce qui nous oblige à exporter une partie de notre matière première vers des pays voisins avec un coût de transport élevé », le premier responsable de Cherifa lève un coin de voile sur les difficultés rencontrées par l’unité.

Dans sa vision stratégique à long terme, « l’unité amie de l’environnement » entend lever les difficultés qu’elle rencontre pour un objectif de zéro déchets plastiques dans l’environnement. Pour ce faire, l’unité souhaite un accompagnement car sa mission est à la fois écologique, économique et sociale. « Nous sommes ouverts à tous ceux qui voudraient nous accompagner dans notre lutte pour la protection de l’environnement et aussi la création d’emplois pour les populations. Nous avons surtout besoin des machines pour éviter d’exporter la matière première notamment les déchets plastiques solides vers des pays étrangers », plaide Siaka Ouattara.
Cherifa, vitrine du « consommons local »
Moussa Traoré est le gestionnaire de l’unité Cherifa. Pour lui, Cherifa contribue à débarrasser l’environnement des déchets plastiques à Bobo-Dioulasso, elle est tout de même une promotrice, ambassadrice et avocate du « consommons local ». Les produits dérivés du recyclage des déchets plastiques sont des produits ‘’made in Burkina’’. Autrefois importés, des seaux, bassines, chaises et lave-linges fabriqués localement grâce à Cherifa alimentent le marché local. Une dynamique qui incarne à souhait le « consommons local » prôné par l’actuel gouvernement.

« L’usine Cherifa produit localement une variété de produits notamment des seaux, des bassines, des chaises, des lave-linges à main et bien d’autres à base de sachets plastiques. En collectant et en transformant sur place, nous entendons créer des emplois, assainir le cadre de vie et encourager la consommation locale », Moussa Traoré explique la vision de Cherifa en rapport avec la politique nationale du « consommons local.
Cherifa, c’est aussi le transfert de compétences…
Kouamé Kouassi est un expatrié employé à l’unité Cherifa. Il est technicien spécialiste du broyeur. « Je suis formateur et technicien au niveau du broyeur. Je montre à mes assistants comment il faut travailler avec le broyeur. Nous fabriquons des bassines, des seaux, des lave-linges à main et bien d’autres produits », Kouamé Kouassi définit-il son rôle à Cherifa.
Ce dernier est assisté de plusieurs autres employés nationaux qui s’initient à son savoir. Ainsi, la présence du technicien expatrié à Cherifa traduit une volonté de l’unité de travailler à un transfert de technologie pour une autonomie dans la production industrielle des produits dérivés des sachets plastiques.

Cherifa, loin d’être une simple unité qui ne recherche que du profit, est plutôt une pionnière bobolaise dans la promotion de la protection de l’environnement à travers la collecte des déchets plastiques polluants. Le recyclage de ces déchets par l’unité est en passe de créer une nouvelle chaine de valeur tant elle offre des emplois et livre des produits ‘’made in Burkina’’ qui font la fierté du « consommons local » burkinabè. Cherifa n’a juste besoin que ses efforts soient galvanisés et que ses faiblesses soient soutenues pour aller plus loin.
Serge Palm, Jean Baptiste Ye(Stagiaires) /Ouest Info




