L’Association Fereen a, dans le cadre de la mise en œuvre de son projet intitulé « Don ni Baro » organisé, dans la soirée du jeudi 14 mai 2026, une comédie musicale intitulée « Anw Ka So » sur le terrain Sobucop de Belleville, à Bobo-Dioulasso. À travers ce spectacle, les organisateurs entendent promouvoir la résilience et soutenir les personnes déplacées internes (PDI).
Placée sous le thème « Consolidation du vivre-ensemble et de la cohésion sociale dans la paix », cette représentation d’environ 50 minutes a retracé une décennie de souffrances vécues par les Burkinabè confrontés à l’insécurité.

Dès les premières scènes, le décor plonge le public dans un univers de désolation marqué par le manque d’eau, la famine et la détresse sociale. Hommes et femmes se bousculent devant une fontaine, puis devant un restaurant, dans l’espoir d’obtenir un peu d’eau ou de nourriture. Une mise en scène poignante qui illustre le quotidien difficile des personnes déplacées internes en période d’insécurité.
Dans le public, un silence pesant s’installe. Les regards restent fixés sur les acteurs qui enchaînent chants, danses et séquences théâtrales sans relâche. Mais ce tableau sombre laisse progressivement place à l’espoir.

À travers un communiqué diffusé à la radio nationale dans la pièce, un journaliste annonce la réinstallation de plusieurs villages. La nouvelle provoque alors une explosion de joie sur scène : cris, accolades, chants et danses traduisent le soulagement des populations célébrant leur retour à une vie plus stable.
Pour Farage Barka, chorégraphe, danseur et directeur artistique de l’association Don ni Baro, cette comédie musicale vise avant tout à sensibiliser les Burkinabè à la réalité vécue par de nombreuses victimes de l’insécurité. « Nous voulons dire aux Burkinabè que les personnes déplacées internes sont nos frères et nos sœurs et que nous devons les accompagner dans leur réinsertion », explique-t-il.

Selon lui, le message central du spectacle est également un appel à l’unité nationale malgré les différences ethniques. « Nous avons toujours été une seule famille malgré notre diversité. Ce n’est pas l’insécurité qui viendra briser notre union », martèle-t-il d’un ton ferme.
Le spectacle a suscité l’admiration de nombreux spectateurs. C’est le cas de Félicité Fondasyon Bello, une spectatrice de nationalité haïtienne, qui salue une prestation « extraordinaire ». « Ce type de spectacle permet de se remémorer l’histoire et de faire comprendre aux populations ce qui s’est passé. Psychologiquement, cela soulage et permet aussi de mieux se préparer pour l’avenir », confie-t-elle.

Alliant danse, théâtre, chant, musique et percussion, « Anw Ka So » se veut ainsi une œuvre artistique engagée au service de la cohésion sociale et de la solidarité envers les populations affectées par la crise sécuritaire.
Ali Djibey et Palm Serge (stagiaires) / Ouest Info




