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TGI de Bobo :  24 mois de prison avec sursis pour avoir accusé un FDS de complice des terroristes

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Boucher de profession, Kam-Ga (Nom d’emprunt), âgé de 37 ans a comparu devant le Tribunal de Grande Instance de Bobo-Dioulasso. Deux chefs d’accusation pesaient sur lui à savoir diffamation et mise en danger de la personne d’autrui. Reconnu coupable, il écope d’une peine d’emprisonnement de 24 mois et d’une peine d’amende de 250 mille Fcfa le tout assorti de sursis.

L’histoire a quasiment fait les choux-gras sur les réseaux sociaux. En effet, courant mois de novembre 2023, Kam-Ga, boucher de profession et activiste avait, à la manchette de sa page Facebook, fait la publication sus « CD : de « Djisso » (nom d’emprunt), un complice des terros en cavale ». Une publication devenue très vite virale, dans laquelle il pointait du doigt Golo-Tigui (nom d’emprunt) commandant de la brigade de gendarmerie de Djisso d’être en intelligence avec les groupes armés terroristes. Du reste diffamatoire, cette publication exposait la personne de Golo-Tigui à des coups et blessures ; risques de lynchage. Ainsi, il porte plainte.

Devant le Parquet ce mardi 13 février 2024, le sieur Kam-Ga reconnait les faits, mais n’a malheureusement de preuve que sa seule source d’information : un jeune militaire originaire de la ville de Djisso. « Dans ma publication, j’ai dit que le commandant était de mèche avec les terroristes. Et j’ai demandé à ce qu’il soit arrêté. Mais à vrai dire c’est un jeune militaire qui m’a donné cette information. Le militaire en question est venu chez moi me dire que le commandant traite avec les terroristes. Malheureusement, je n’ai pas cherché à vérifier l’information et je l’ai publiée. Vraiment je demande pardon au commandant. Ça été une erreur de ma part », le prévenu a-t-il expliqué à la cour. Et d’ajouter que c’est au nom de la nation qu’il a agi de la sorte.

Appelé pour être entendu sur sa version des faits, c’est l’air tout abattu et dépressif que Golo-Tigui s’est présenté à la barre. En effet, dit-il, « je suis commandant de la brigade de gendarmerie de Djisso depuis septembre 2022. C’est un jour alors que j’étais en mission à Ouagadougou, je reçois un appel téléphonique d’un ami depuis les Etats-Unis qui dit avoir vu ma photo sur les réseaux sociaux faisant état du fait que j’étais de connivence avec les groupes armés terroristes. Surpris je me connecte et je vois la publication. J’avoue que ça été un coup dur pour moi. On publie ma photo en tenue de combat sur le terrain, c’est grave. En 25 ans de service rendu à la nation, qu’est-ce que la nation ne m’a pas donné et c’est avec des terroristes que je vais traiter ? ».

Interrogé sur l’origine de la photo du commandant que le prévenu dit ne même pas connaitre en personne si ce n’est au tribunal, il fait savoir qu’il l’a reçue d’un inconnu.

Du reste, Golo-Tigui qui au vu des demandes de pardon faites par une OSC à laquelle appartient le sieur Kam-Ga et des membres de sa famille a décidé de retirer sa plainte. Cependant, estimant que les faits reprochés à l’accusé sont extrêmement graves, le ministère public a souscrit à la demande de retrait de la victime en ce qui concerne les faits de diffamation mais a maintenu ceux liés à la mise en danger de la vie d’autrui.

Pour lui, le comportement de Kam-Ga doit être réprimé pour dissuader, « ces Burkinabè qui se sont découvert, il n’y a pas longtemps, des talents de patriotes » c’est-à-dire des patriotes de la dernière heure. Aujourd’hui, au Burkina, fait-il, remarqué « n’importe qui peut se permettre n’importe quoi sur les réseaux sociaux, s’afficher publiquement pour tenir des propos graves à l’encontre d’autres Burkinabè sans être inquiété ». C’est ainsi qu’il a requis que le sieur Kam-Ga soit, en guise de sanction exemplaire, condamné à 36 mois de prison dont 12 fermes et à une peine d’amende de 250 mille FCFA.

Statuant publiquement, contradictoirement et en dernier ressort, la cour a condamné Kam-Ga à 24 mois d’emprisonnement et à une peine d’amende de 250 mille Fcfa le tout assorti de sursis pour cause de la demande de retrait de la plainte formulée par la victime.

Diakalia Siri/Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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