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Transport de personnes par les tricycles à Bobo : Interdit, risqué mais prisé !

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Les tricycles ou taxi-motos. Ce moyen de transport de marchandises à l’origine est en passe de devenir l’un des moyens de transports en commun les plus prisé dans la ville de Bobo-Dioulasso. Derrière cette pratique hors la loi, se cachent de nombreuses victimes d’accidents de la circulation impliquant ces engins. Immersion dans l’univers de ce transport urbain à la fois interdit, risqué pourtant prisé.

C’est un secret de polichinelle. Les tricycles sont devenus un moyen de transport en commun à Bobo-Dioulasso en dépit de l’interdiction du phénomène depuis 2018.

En longueur de journée, ces engins, bondé de passagers (constitués essentiellement de femmes), font partie intégrante du décor des artères de la capitales économique du Burkina Faso.

Interdit certes, le phénomène du transport des personnes par les tricycles est risqué en sens que les accidents de la circulation impliquant ces engins sont récurrents, avec leur lot de victimes.

Le tricycle, c’est le moyen de transport en commun par excellence de nombreux bobolais

D’un usager à un autre, les raisons du choix du tricycle comme moyen de transport au détriment du bus ou encore du taxi ordinaire sont différentes.

Le coût du taxi-moto est abordable

Aïcha Ouédraogo est usager des Taxi-motos.  Ces engins sont devenus son moyen de transport par excellence. Mais pas pour rien ! « Personnellement, j’emprunte régulièrement le taxi-moto et c’est dû à leur coût qui est vraiment abordable pour nous. Avec le taxi-moto, je quitte Ouezzinville pour me rendre au grand marché en passant par le boulevard, le tout à 150 FCFA » s’explique-t-elle !

Si d’aventure le coût de la course à bord du taxi ordinaire venait à baisser, dit-elle, « je pourrais l’emprunter ». « Vous savez tous que l’africain aime ce qui est moins cher », ironise-t-elle tenant son bébé sur les pieds pendant que le conducteur du tricycle démarre en trombe.

Tout comme Aîcha Ouédraogo, Djénèba Boro emprunte couramment les tricycles pour ses petits déplacements. Cette trentenaire embouche la même trompette qu’Aicha Ouédraogo à savoir le coût accessible des tricycles.

Elle en veut pour preuve, le coût qui est de 200 Fcfa lorsqu’elle doit quitter le secteur 24, à l’entrée Est de Bobo pour se rendre au grand marché où elle est commerçante. Un calcul rapide, Djénèba Boro n’a que 400 Fcfa à débourser par jour pour un aller-retour, comparativement à 1500 ou 2000 Fcfa lorsqu’elle doit emprunter un taxi-ordinaire.

« J’ai pris ce taxi-moto du 24 au grand marché à seulement 200 Fcfa. Tous les jours, c’est ainsi. Imagine si je devais prendre un taxi-ordinaire, on me dirait 1000 Fcfa ou 2000 Fcfa. Voyez-vous-même. Pourtant avec ça en aller-retour, je n’aurai que 400 Fcfa à débourser », nous explique-t-elle.

A côté du coût relativement abordable de la course à bord du taxi-moto, les usagers de ce moyen de transport avancent aussi comme autre argument, la capacité de ces engins à rallier les quartiers les plus reculés où « il n’existe pratiquement pas de route ».

Des usagers pourtant conscients des risques

Du risque, les usagers du taxi-moto en sont pourtant conscients.  Si Dame Aïcha est attirée par le coût accessible de ces néo-transports en commun, elle n’ignore cependant pas les risques d’accidents auxquels elle est exposée chaque fois qu’elle emprunte un taxi-moto.

A longueur de journée, les tricycles, bondés de passagers, arpentent les artères de la ville

« C’est vrai qu’il y a des risques. En tout cas ça me fait peur chaque fois que j’emprunte ces taxi-motos. Mais je suis obligée parce que je n’ai pas les moyens de prendre un taxi ordinaire », nous confie-t-elle tout en confiant son sort au ciel.

Djénèba Boro est également consciente des risques qu’elle prend lorsqu’elle est dans un tricycle. Cependant fit-elle savoir que « les risques existent partout ». « Il faut juste s’en remettre à Dieu. Sinon même les taxi-ordinaires utilisent du gaz. La bouteille de gaz peut lâcher et vous tuer tous dans le véhicule » se convainc-t-elle.

Malgré l’absence de confort, des risques qu’offrent les taxi-moto, ces usagers, attirés par le prix de la course à bord de ces engins ne sont apparemment pas prêts de l’abandonner quand bien-même certains sont conscients que le phénomène est interdit par la loi.

Il revient donc à la force publique de faire respecter cette disposition en vigueur depuis mars 2018 pour non seulement la sécurité des populations mais aussi mettre fin à la « concurrence déloyale » que sont victimes les « vrais taxis ».

Diakalia Siri/ Ouest Info

La rédaction
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Ouest Info est un média en ligne basé à Bobo-Dioulasso dans la région de l’Ouest du Burkina Faso.

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